Le déluge de Châtelaudren

Le déluge de Châtelaudren


La digue

Au moyen-âge (XIème - XIIème siècle), le cours de la rivière le « Leff » est dévié puis canalisé pour alimenter un étang créé et assurer en partie la défense du château, qui s’élevait à l’emplacement de l’actuelle « esplanade du château » et du « petit écho de la mode », mais aussi pour constituer une ressource naturelle de nourriture et de développement économique (moulins).
 
Dans la nuit du 18 au 19 août 1773
suite à une forte montée des eaux du « Leff » et par la pression exercée, la digue se brise, ce qui provoque un déluge dans la basse ville et entraine la destruction partielle d’une vingtaine de maisons. La ville est en partie reconstruite. Dès 1774, le centre ville voit apparaître de nouvelles maisons en pierre de taille qui forment aujourd’hui l’essentiel et le caractère dominant du centre ville de CHATELAUDREN.
 
Malgré cet épisode dramatique, la digue est reconstruite et l’eau reprend sa place (ponts, lavoirs, cascade) et devient un des éléments moteur du progrès technologique et industriel de CHATELAUDREN telles que des scieries, tanneries, qui se sont développées autour du plan d’eau, puis plus tard une papeterie, et une imprimerie profitent de l’énergie hydraulique.
  
Actuellement cette digue en terre, et parements en pierres d’une longueur de 78 mètres, d’une largeur à la base de 23 mètres, et de 18 mètres à la crête pour une hauteur de 4,20 mètres.

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Le déluge de Châtelaudren

 
 Dans la nuit du 18 au 19 août 1773
 
Le déluge a marqué le pays par la catastrophe qui va déferler sur toutes les communes qui sont traversées par la rivière le Leff.
  À Châtelaudren, la digue qui retient l'étang se rompt sous la pression des eaux. Les flots déchaînés se précipitent sur la ville endormie et ravagent tout sur leur passage.
 Le déluge fera des dizaines de victimes, 70 dont 36 à Châtelaudren, et marquera profondément l'histoire de la commune.
 
 « Le 18 août 1773, il survint après midi un orage et un tonnerre affreux, suivis d'un tremblement de terre et d'une pluie qui dura l'espace de trente heures; les eaux devinrent si grandes à Châtelaudren, où cet orage se fit principalement sentir, que la ville fut presque entièrement submergée, et plus de cinquante personnes des deux sexes noyées et ensevelies sous les ruines de leurs maisons, qui furent emportées par les eaux dans la nuit du 18 au 19 de ce mois. Un pont de pierre, bâti sur un petit ruisseau, proche les casernes, sous lequel il ne passait ordinairement que très-peu d'eau, fut ébranlé jusque dans ses fondements, et le moulin qui est à côté fût emporté par le débordement de l'étang sur lequel il était placé. Les maisons des deux côtés du pont furent enlevées avec la chapelle de l'hôpital. Les eaux enfin débordèrent de telle sorte, qu'elles montèrent trois pieds au-dessus de la couverture des halles; elles endommagèrent l'église de Saint-Magloire, et entraînèrent avec tant de rapidité un charriot qui était devant l'auberge du Lion-d'Or, chargé d'environ sept milliers, que l'on prétend qu'il fit écrouler deux maisons du bas de la ville. On le trouva, après l'orage, dans les prairies voisines, avec toutes les marchandises qu'il portait.
 
Un habitant raconte :
 
"La pluie commence vers le milieu de nuit du mardi 17 au mercredi 18 août 1773. Elle tombe sans interruption jusque dans l’après-midi du 18, à ce moment un violent orage éclata … Cette pluie intense suffit à expliquer les désastres qui suivirent…..
 
"Le 18 août au soir, le beau et tranquille ruisseau le Leff est un torrent, à neuf heures trente, une montagne d’eau était tombé dans l’étang et l’avait fait déborder. Une immense vague comme le mascaret à l’embouchure de quelques fleuves envahit le bourg de Châtelaudren." Les eaux montèrent à un mètre au-dessus du toit des halles situé à 2 mètres 20 au-dessus du pavé.
 
« Telle fut à Châtelaudren la nuit du 18 au 19 août. Le lendemain, comme il arrive après l'orage, le soleil se leva radieux. Quel spectacle il allait éclairer ! Les maisons des rues et de la place sont encore les rives d'un torrent fangeux qui continue ses ravages et charrie des débris de toutes sortes. Les habitants réfugiés sur les collines voisines, dans leurs greniers, sur les toits ou les décombres de leurs maisons à demi ruinées, s'interrogent anxieusement sur les absents, se lamentent sur ceux-ci et sur eux-mêmes, et implorent le secours. »
 Les destructions ont été massives : maisons, ponts, récoltes, bétail …
 
 Tirés de l’article de Trévédy (paru vers le milieu du XIXème siècle). Sources : Archives Départementales des Côtes d'armor
 
 


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