Héraldique :  De gueules à la fasce d'argent accompagnée de trois quintefeuilles* du même.
*(fleur à cinq pétales ayant chacun une pointe et dont le centre est percé en rond)

Histoire et patrimoine de Plouagat

Plouagat de l’ancien breton « ploe » (paroisse) et de Saint-Agat (ou Saint-Egat). Ce saint était jadis invoqué pour aider les enfants à naître et pour guérir les indigestions. Il est fêté le 18 août. 
Plouagat existe dès le VIème siècle, ancienne paroisse primitive qui englobait jadis outre le territoire actuel de Plouagat, ceux de Lanrodec, Boqueho, Saint-Jean-Kerdaniel et semble-t-il une partie du territoire de Châtelaudren.

L’archéologie au secours de l’histoire
En effet plusieurs découvertes indiquent une présence humaine dans la région au paléolithique et au néolitique (des origines jusqu’à 12 000 avant JC), à l’âge du bronze (2150-1350 avant JC) et à l’époque Gauloise, et Romaine.

- un polissoir datant du néolithique a été découvert au Runio d'en haut sur la commune de Plouagat, hélas endommagé par la chute d'un arbre lors de la tempête de 1987.(inscrit aux M.H).




       

         
polissoir datant du néolitique




L’âge du Bronze est bien attestée par l’existence des tumuli (2150-1350 av. JC) de Boqueho (la Butte-de-la Justice), de Plouvara et de Saint-Fiacre qui confirment ces trouvailles. Ce dernier endroit a donné lieu à une légende. Le tumulus de Motten-Hudolo est fouillé en 1864 et 1865. On y trouve une urne cinéraire et deux « chandeliers en or ». Les gens du voisinage y voient la sépulture du général romain Hudolo. Plusieurs découvertes de haches (1000-500 av. JC), en forêt d’Avaugour, à Trégomeur et à Bringolo confirment la richesse de la région.

L'âge de fer (vers 800 ans avant J.C)
· la stèle de Plouagat, située près de l’église paroissiale de Plouagat, date de l'âge de fer. Elle se trouvait à l’origine dans le cimetière.
On peut y lire "Vormuini", inscription ajoutée au haut Moyen Âge, elle est précédé d’une croix et sur un autre côté de la stèle, on distingue un « masque ». Pour Joseph Loth, "Vormuini" est un complément de nom. Le masque pourrait ne pas être contemporain de l’inscription. Gaultier du Mottay (1872) rapporte la tradition de l’inhumation à ses pieds des enfants morts sans baptême.

- la stèle  du château de la Ville-Chevalier en Plouagat est une stèle ovoïde, dite « pierre de la fécondité », sur laquelle les femmes qui n’avaient pas d’enfants s’asseyaient pour devenir mères.

                                    Stèle de Plouagat

L'époque Gallo romaine :
 Deux fermes de l’époque gauloise sont signalées par leurs souterrains-silos à Boqueho et Plélo.
Les stèles de Plouvara, Bringolo, Plouagat et Lanrodec sont sans doute la dernière trace d’inhumations de la même époque.
- un trésor monétaire découvert en 2013  sur le territoire de Plouagat, datent de l'époque gallo romaine.
On relève la présence de menhirs et pierres levées sur les communes voisines.
La région relevait alors de la cité des Osismes (peuple gaulois du groupe des Celtes).

L’église Saint-Pierre de Plouagat est mentionnée dès 1207 et la paroisse dès 1232. Plouagat était jadis un prieuré-cure desservi par l’abbaye de Beauport (l'église avait été octroyée en 1202 par le comte de Goëlo à l'abbaye de Beauport). Outre l'abbaye de Beauport, d'autres abbayes telles que Saint-Magloire de Léhon possédaient aussi des biens à Plouagat (en 1148, le seigneur de Châtelaudren leur avait donné le tiers de la dîme de Plouagat). Certains lieux-dits tels que Christ, Kerlast (village du cloître) semblent révéler la présence des templiers et des hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. 

L'église est reconstruite en 1760 en utilisant des éléments datant du XVème siècle. Les fenêtres et les sablières sculptées datent du XVème siècle.
Le porche Sud abrite un bénitier qui date de 1614 et porte les inscriptions " Fouquet Mindren en 1614 " et " Fait par Ian Le Bars ". L'église est restaurée au XIXème siècle.
 La longère Nord est reconstruite en 1821. Le clocher date de 1872. L'église abrite un aigle-lutrin qui date de 1825 et un tableau intitulé " Tableau du Roi " (représentant saint Pierre délivré de prison par un ange) qui date de 1830.
 En forme de croix latine et lambrissé, l'édifice actuel date de plusieurs époques, mais a été presqu'entièrement reconstruit au XVIIIème siècle. Le chevet porte la date de 1760 ; et, dans la longère sud, de la même époque, l'on a réemployé des fenêtres jumelées de la fin du XVème siècle, semblables à celles de la chapelle Saint-Quay, en Plélo. De même, les sablières sculptées et les tirants engueulés de la fin du XVème siècle ont été conservés.
Mobilier :
Maître-autel moderne en marbre
- autels latéraux du XVIIème siècle ;
- statues anciennes de la sainte Vierge, saint Sébastien, saint Roch, saint Gilles, saint Antoine ermite, sainte Anne.


La chapelle Saint-Emilion ou Saint-Yves de Pabu (1764), dite de "Pabu Houallan".
Sur la route menant à Kerhamon, cette chapelle fut l'unique chapelle après la révolution.
Cet édifice rectangulaire contenant des éléments  d'une chapelle de la fin du XVème siècle, fût probablement détruite pendant la guerre de cent ans. Sa restauration date du XXème siècle.

Mobilier : Statues anciennes de saint Tugdual et saint Yves. Celle de saint Emilion a disparu récemment. On y trouve une fenêtre réemployée du XVIème siècle



La chapelle Saint-Jacques de Keruzano (XVIIIème siècle). Cette chapelle, reconstruite en 1835 au lieu-dit « La Brayette », près du hameau de Kéruzano en Plouagat, présente l’intérêt de perpétuer le souvenir d’une chapelle beaucoup plus ancienne qui se dressait à quelques dizaines de mètres plus au Sud dans la paroisse de Boqueho, au bord de l’ancienne route de Chatelaudren et d’un ruisseau dit « de saint Jacques » (le lieu-dit est maintenant « Pont Saint-Jacques »). Sur l’ancienne voie romaine, entre la « cité de caractère » de Châtelaudren et le petit bourg de Boquého, où passaient autrefois les pèlerins qui au départ de Beauport s’engageaient vers St jacques de Compostelle.
Le gros œuvre de la chapelle est encore en bon état mais le délabrement de la couverture, quasiment disparue, voue la chapelle à une disparition prochaine si sa mise hors d’eau n’est pas rapidement effectuée. Son propriétaire souhaite sa restauration est a réalisé la première action d’urgence consistant à détruire la végétation envahissante. Refaire la couverture s’impose maintenant, quitte ensuite à étudier le devenir de l’intérieur...

Le prieuré des Fontaines Notre-Dame (XIII-XVIème siècle), mentionné dans un acte de 1258, dépendance de l'abbaye de Beauport. Sa chapelle est mentionnée dans un acte de 1223 sous le nom de Sainte-Marie de la Fontaine. Le porche date du XIIIème siècle et la grange date du XVIème siècle. Le portail d'entrée est surmonté trois têtes sculptées. Le four à pain a été restauré en 1940.
La fontaine datent du XIIIème siècle, c'est assurément une des plus anciennes fontaines couvertes existantes en Bretagne, datée des premières années du XIIIème siècle, elle est désignée dans un acte de 1258, conservé aux archives de Beauport, sous le nom de « Fontaine de la Bienheureuse Vierge Marie ».
Ce petit établissement monastique des premières années du XIIIème siècle, a conservé, quoiqu'en ruines, la plus grande partie de ses constructions.
M. de Fréminville y a vu un ancien prieuré de Templiers.  Autre hypothèse, M. de la Monneraye y a vu le siège de la léproserie de Châtelaudren.
Au sortir de l'étang de Châtelaudren, la petite rivière de Leff, après avoir coulé pendant quelques centaines de mètres au milieu des prairies, entre dans un  vallon profond et resserré. Sur ce parcours la rivière Le Leff, fait tourner des moulins dont l'origine est fort ancienne, car dès le XIIème siècle Alain de Goello, fils du comte Henri, concédait les dîmes des moulins de Châtelaudren, moulins à foulons pour fouler les draps, moulins à moudre le blé, à l'abbaye Saint-Rion de l'Ile, vers 1185 ; puis, en 1202, à l'abbaye Notre-Dame de Beauport, héritière de toutes les possessions du monastère de Saint-Rion, abandonné.
En 1209, Geoffroi, évêque de Tréguier, donnait également à Beauport, les églises de Châtelaudren avec leurs dépendances. Ces dons, consistant en fiefs et pièces de terre dans les paroisses de Plouvara et Plouagat, distantes d'une dizaine de lieues du siège de l'abbaye, un groupe d'intérêts considérables dont Châtelaudren était le centre. Il convenait donc de fixer sur ce territoire un de ces établissements monastiques désignés vulgairement sous le nom de prieuré, mais qui, dans la langue spéciale des ordres de Cîteaux et de Prémontré, prenaient le nom de granges. C'était une succursale du monastère principal, établie comme exploitation agricole, et servant de résidence à un moine, le grangier, parfois de deux, le grangier et le receveur, l'un surveillant et dirigeant dans son voisinage les travaux de culture, l'autre était préposé à la perception des dîmes et revenus de toute nature, pour les faire parvenir à l'abbaye-mère.
Cet établissement créé par les moines de Beauport, aux environs de Châtelaudren, sur le territoire de Plouagat, était une fort modeste résidence habitée par un moine, orienté à l'est vers le Leff, et composée de trois bâtiments disposés autour d'une cour centrale.
Le bâtiment le plus important (début XIIIème siècle) placé au nord de la cour servait de demeure au grangier et renfermait la chapelle; le second bâtiment situé à l'Est, le long du chemin, contient, outre la double porte en ogive qui sert d'entrée à l'établissement, mais abritait aussi les écuries et les greniers; le troisième bâtiment, au sud, reconstruit vers la fin du XVIème siècle.  A l'ouest se trouvaient les jardins et le verger clos de murs. La différence des niveaux est assez grande pour que le logement du grangier, placé au premier étage par rapport à la cour intérieure, communiquât de plain-pied au moyen d'un pont avec ce verger, et que la nef de la chapelle du côté du nord fût enterrée à plus de dix pieds au-dessous des terres voisines.
Les moines de Prémontré à la Vierge avait fait mettre cet établissement, comme la plupart de leurs abbayes, sous le patronage de Notre-Dame.

 La chapelle Saint-Ninian (Saint-Guignan).
Mentionnée dans la chartre du comte Henri en faveur de Saint-Magloire de Léhon à Châtelaudren, en 1148.
Par cet acte, le comte Henri octroie aux moines la dîme de ses moulins (à foulon et à blés si on en croit des actes du XIIIe siècle) et confirme les donations qui leur ont été faites jadis par de nombreuses sources intéressant Châtelaudren. Une chartre de 1241, mentionnant la dîme de Saint-Ninian en Plouagat, et montre que la chapelle était dans cette dernière paroisse.
"le comte Henri avait octroyé la terre à l’entrée des deux portes du château d’Audren et à l’entour, depuis la porte donnant sur l’étang et l’autre porte orientée vers Saint-Ninian."
La chapelle Saint-Guignan, se trouve aujourd'hui sur la commune de Saint-Jean-Kerdaniel.
Saint Nimian, moine irlandais du IVè siècle, participe avec d'autres moines à l’évangélisation de l’Ecosse.
Par acte du 11 avril 1460, la duchesse de Bretagne Françoise d'Amboise avait acheté à Jean Eder, sieur de la Haye-Eder, sieur de Plouagat-Châtel-Audren, les héritages qu'il possédoit dans cette Paroisse, pour une somme de cinq cents écus d'or. Elle acquit aussi de Guillaume, Chevalier, Seigneur de Rosmar, les dîmes de Saint-Guenin, en la même Paroisse, cette dîme, dite alors "dixme de Saint-Guenien" en Plouagat-Châtelaudren.

Le manoir de Fornebello ( XVIème siècle), édifié par la famille La Messelière, puis propriété successive des familles de Rosmar (au XV-XVIème siècle), Boidilly et Budes de Guébriant et de Kerpezdron.
Actuellement reconverti en chambres d'hôtes.

Le château de la Ville-Chevalier (XVIIème siècle)
La Ville Chevalier est propriété de la famille de Quélen et Lorgeril depuis 1638.
Le manoir de la Ville-Chevalier aurait déjà existé en 1428, de cette époque ancienne il ne reste que quelques pierres, à ces temps anciens l’ensemble devait avoir un coté beaucoup plus défensif puisqu’ il se situait au dessus de la rivière le Leff.
 C’est le 1" mai 1638 que Jeanne Henri de Beauchamps épouse Claude de Quélen, depuis cette date faite rare et exceptionnel la propriété n’a jamais quittée la famille, elle sera transmise au de Lorgeril en 1928 par Louise de Quélen qui épouse quelques années plus tôt en 1901 Simon de Lorgeril.
Tout au long des siècles la Ville Chevalier va vivre suivant le vas et viens de ses habitants qui résident tantôt à Paris, tantôt à Versailles et tantôt à Plouagat.
Deux de ses habitants vont se distinguer : Jean Claude de Quélen qui sera capitaine des vaisseaux du roi sous Louis XV et l'un de ses fils Hyacinthe Louis qui sera Archevêque de Paris, mais aussi académicien et pair de France.
L'architecture quand à elle, est typique des membres du parlement de Bretagne du 18 ème siècle, avec ses grandes ouvertures et sa façade presque rectiligne. Elle n’a été que très peu remaniée à travers les siècles, seul un couloir à l'arrière à été ajouté dans les années 1820.
Au 18 ème siècle un jardin à la Française se situait devant le château, cependant au début du l9 ème il a fait place à un parc à l’anglaise très en vogue à cette époque.Après avoir été inhabitée des années 1925 à 1947, l’ensemble de la propriété a été restaurée dans les années 50, pour lui donner l'aspect qu’on peu lui voir aujourd'hui.
 Au-dessus de la porte des écuries, ainsi que sur une fontaine se trouvent les armes des Quélen. L'orangerie date du XVIIIème siècle.
La chapelle privée de la Ville-Chevalier (XIXème siècle) est bénite le 23 novembre 1891 : elle remplace une ancienne chapelle datée de 1642. Dans la crypte de la chapelle reposent depuis 1758 les corps défunts des membres de la famille Quélen. A gauche de la chapelle, dédiée à sainte Anne et bénite le 23 novembre 1891, se trouve un gisant daté du XIVème siècle, qui pourrait appartenir à la famille de La Lande.



La maison de Kervaux (1427 - XVIIème siècle).
Ce manoir fait partie à l'origine du couvent de Beaufort 

Le manoir de Lezhouarn (XVIIème siècle), propriété de la famille Budes de Guébriant jusqu'au XXème siècle.
L'édifice a servi de prison durant la période révolutionnaire, on distingue encore les grilles sur les fenêtres.

Fenêtre à meneau de pierre,

Le manoir de la Grande-Villeneuve (1650)
reconstruit au XXème siècle. L'escalier de la tour, ainsi qu'une cheminée datent de 1650.

Le Pont-Es-Cailles
Sur les bords du Leff à la limite de la commune de Plouvara et de Plouvara proche du lieu dit "Seignaux"

Le colombier de Maros ou Malros (1806).  
Inscrit  aux MH du 17 mars 1988
Périodes de construction :
17e siècle ; 19e siècle